En ce 8 mars...
- Roxanne Harvey
- 8 mars
- 4 min de lecture
Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars c'est la fête!
Ça devrait l'être, du moins. Mais.

En 2025, on fêtait le 50e anniversaire de l'Année internationale de la femme. Pas une journée, une année. Wow! Je le sais parce que j'ai aussi fêté mes 50 ans, en juin dernier, et que je n'avais jamais entendu parler de cet anniversaire de l'Année Internationale proclamée par l'ONU en 1975. Comment est-ce possible ? Toute l'année, en plus de mon passage obligé dans la cinquantaine, j'ai eu envie de fêter la Femme. Ses réalisations, ses combats, ses gains, ses avancées, sa reconnaissance. Toute l'année, j'ai vu ces réalisations, ces combats, ces gains, ces avancées et cette reconnaissance en prendre plein la gueule. Ouch! Ayoye! Le droit à l'avortement est devenu illégal dans plusieurs États de notre voisin américain. Plus de 54% des pays n'ont pas de définition du viol basée sur le consentement. Le seul mot «femme» a été banni de nombreux documents officiels américains. Ça se passe chez nos voisins dits évolués et civilisés! Sans compter que la folie s'est emparée de certains, qui croient que la femme n'a sa place qu'à la maison parce qu'elle vaut moins que le mâle alpha.
En ce 8 mars, j'ai envie de m'adresser aux hommes. Pas à ceux qui respectent les femmes, qui les voient comme leur égal. À ceux-là, je dis merci, on fait une bonne équipe dans le monde. Je veux m'adresser aux autres. Ceux qui pensent que les femmes sont inférieures, qu'elles n'ont pas les mêmes droits qu'eux. Ceux qui prennent les femmes pour des faibles, pour des jouets sexuels.
D'abord, à toi, le jeune homme que je viens de croiser, pendant ma marche dans mon quartier, et qui m'a reluquée des seins aux fesses et des fesses aux seins. Regarde ailleurs. Je suis pas un objet. À toi, celui qui me regarde en se disant que, passé la cinquantaine, on n'est plus bonnes à rien, on flétrit et on ramollit. Je dois malheureusement t'annoncer que ça t'arrivera aussi; ainsi va la vie! À toi, le collègue qui se demande pourquoi je suis au travail et pas à la maison, là où devrait être une femme. À toi, l'élève de 13 ans qui, un jour, m'a lancé un coffre à crayons de toutes ses forces du fond de la classe en criant «Osti de criss de grosse pute sale!». Je venais de te dire que la violence, ça ne passait pas dans ma classe. Tu te rappelles? Moi, je ne l'oublierai jamais. Je m'en suis fait une promesse. À toi, l'ado qui n'accepte pas que les femmes, dans une école, se tiennent debout. Pour toi, on est juste des «Osti de bonnes femmes», et nos interventions, tu t'en bats royalement les couilles. Je me demande bien comment tu traiteras ta femme ou ta fille, dans les prochaines années.
À toi, qui m'a déjà dit que j'étais une pute parce que je voulais aller passer quelques heures au centre commercial quand j'étais ado. Tu pensais que j'étais ta propriété et que tu pouvais me traiter comme une merde. Ben non! Je me suis tenue debout. À toi, le gars qui coupe sans cesse la parole aux femmes qui ont une opinion ou qui osent parler. Le 8 mars, c'est MA journée, alors je te prierais d'écouter.
À toi, l'employé qui a une femme comme patronne et qui dit «Oui, madame» quand elle s'adresse à toi, mais qui fait bien ce qui lui chante en sortant de son bureau. Parce qu'une femme, ça ne devrait pas être «au-dessus» d'un homme, pour toi. Une femme, c'est bon pour tenir une maison et pour lever sa jupe quand t'en as envie.
Finalement, je te garde pour la fin, toi, l'homme qui passe inaperçu, qui ne crie pas sur tous les toits que les gars sont supérieurs aux filles. Toi, qui n'exposes pas tes opinions mais qui, dans le quotidien, nous fais sentir minus. Toi qui n'engages pas une femme dans ton entreprise parce qu'une femme, ça peut pas être aussi bonne qu'un homme. Toi, celui qui me traite de «p'tite madame» et qui trouve que je chiale pas mal et que je dois avoir mes règles si j'ose m'affirmer. Toi qui penses que ta blonde devrait toujours te dire oui quand t'as envie d'elle (ben quoi, c'est ma blonde, c'est normal!). Toi qui penses que ta femme se plaint pour rien quand elle dit qu'elle est fatiguée, pis que les histoires de ménopause, c'est de la foutaise. Mais c'est normal, pour toi, parce que t'as été élevé comme ça. C'est pas ta faute!
C'est à vous, messieurs, que cette journée est destinée. Le monde tente de vous éveiller à l'évolution sociale, en vain. Peut-être que cette année sera la bonne ? Parce qu'il y en a des tonnes, des hommes qui ont compris. Je vous souhaite une bonne journée internationale du droit des femmes! En attendant, nous, les «osti de bonnes femmes», on continue de nous tenir solidement debout.



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